« Les champs du graphisme sont larges. Ils entrent en corrélation avec d’autres métiers, de l’art contemporain à l’architecture, en passant par la mode, le design, la presse, l’ édition, le théâtre… Dans l’espace de la commande, le graphiste doit répondre avec une sensibilité analytique et artistique. », analyse Sylvain Enguehard, graphiste indépendant. Diplômé de l’école Olivier de Serres, c’est à l’ENSAD (école nationale supérieure des arts décoratifs), où il entre en 2e cycle, qu’il côtoie de vrais professionnels du graphisme. Il entre ensuite à l’Atelier de création Graphique, collectif de graphistes de renommée internationale. Il y aborde les grandes institutions culturelles françaises, le Louvre, Beaubourg, les parcs nationaux de France, on en passe et des meilleures. Il partagera par la suite l’aventure des Graphistes Associés, où sont abordés des champs plus sociaux et politiques. Depuis 2000, c’est en « graphiste nomade » qu’il se définit. Quand il s’occupe d’un sujet, affiche, invitation, identité visuelle, signalétique, graphisme d’expositions, monographie d’architecte, catalogue d’art, site web, il s’y immerge afin d’en comprendre l’esprit et le sens pour en concevoir l’esthétique, « l’identité ». Le graphisme est fait pour être montré, diffusé, c’est l’information dans la ville. « Ce travail d’appropriation est valable pour tout : une collection de livres, une exposition, une signalétique de bâtiment ou de chantier à Paris Rive Gauche. Le graphisme est au service du sujet et ne laisse rien au hasard », poursuit-il. Pour cet amoureux de l’art, l’intérêt est de faire avancer le domaine visuel, « de tenter d’inventer de nouveaux codes et de surprendre l’œil et l’esprit». Car, dit-il « le public n’est réticent à rien, si l’on répond avec exigence ».

Véronique Marrier
Centre national des arts plastiques (Cnap)
Mission Design Graphique